Le smartphone est devenu l’objet numérique central de la vie quotidienne. On l’utilise pour téléphoner, bien sûr, mais aussi pour échanger des messages, consulter ses comptes, réserver un billet, écouter de la musique, regarder des vidéos, payer, travailler, jouer, publier, chercher une adresse ou encore utiliser une intelligence artificielle.
Mais derrière cette banalité apparente, une question mérite d’être posée : combien d’applications avons-nous réellement dans nos téléphones ? Combien en téléchargeons-nous ? Combien en supprimons-nous ? Et surtout, combien utilisons-nous vraiment ?
En France, le smartphone est devenu quasi général
En France, le smartphone est aujourd’hui l’équipement numérique dominant.
Selon le Baromètre du numérique publié par l’Arcep, l’Arcom, le CGE, l’ANCT et réalisé par le Crédoc, le smartphone est désormais présent dans la très grande majorité des foyers français.
L’édition 2025 du Baromètre du numérique indique notamment que l’étude a été réalisée auprès de plus de 4 000 personnes représentatives de la population française âgée de 12 ans et plus.
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DataReportal indique de son côté qu’en France, début 2025, il existait environ 74,5 millions de connexions mobiles cellulaires actives, soit l’équivalent de 112 % de la population. Ce chiffre dépasse 100 %, car une même personne peut posséder plusieurs lignes ou plusieurs cartes SIM.
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En 2026, DataReportal estime même que la France comptait environ 77,3 millions de connexions mobiles cellulaires actives fin 2025, soit environ 116 % de la population.
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Autrement dit, le smartphone n’est plus un simple outil de communication. C’est devenu l’écran principal d’accès au numérique.
En moyenne, un smartphone contient environ 80 applications
Les chiffres varient selon les études, les pays et la méthode de calcul, mais une estimation revient souvent : un smartphone contient en moyenne environ 80 applications installées.
Ce chiffre inclut généralement plusieurs catégories :
- les applications téléchargées volontairement par l’utilisateur ;
- les applications préinstallées par le fabricant ;
- les applications imposées par l’opérateur ;
- les applications système ;
- les applications parfois jamais ouvertes.
Selon MindSea, la moyenne était d’environ 80 applications installées sur un smartphone en 2025.
Source : https://mindsea.com/blog/app-stats/
Mais ce chiffre doit être nuancé. Avoir 80 applications installées ne signifie pas en utiliser 80.
Seulement une partie des applications est réellement utilisée
La plupart des utilisateurs n’utilisent activement qu’une fraction des applications présentes sur leur téléphone.
Plusieurs études indiquent qu’un utilisateur moyen utilise environ :
- 9 applications par jour ;
- 30 applications par mois.
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Cela signifie qu’une grande partie des applications installées restent inactives ou très peu utilisées.
On télécharge une application pour essayer, pour répondre à un besoin ponctuel, pour profiter d’une promotion, pour suivre une mode, pour accéder à un service précis… puis elle reste là, oubliée dans un dossier, parfois pendant des mois.
Des centaines de milliards de téléchargements chaque année
À l’échelle mondiale, le volume de téléchargements d’applications est gigantesque.
Les téléchargements d’applications mobiles se comptent en centaines de milliards chaque année, sur Google Play et l’App Store.
Le Blog du Modérateur, en s’appuyant sur les données du marché mobile, rappelle que les applications les plus téléchargées dans le monde en 2024 étaient notamment Instagram, TikTok, WhatsApp, Facebook et Temu.
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Ce classement montre aussi la domination des grandes plateformes internationales. Les applications qui captent le plus d’attention sont souvent les mêmes : réseaux sociaux, messageries, vidéo, commerce en ligne, divertissement et désormais intelligence artificielle.
En France, Temu, ChatGPT, TikTok et WhatsApp figurent parmi les applications les plus téléchargées
En France aussi, les classements récents montrent le poids des grandes applications internationales.
Selon Le Blog du Modérateur, les applications les plus téléchargées en France en 2024 comprenaient notamment :
- Temu ;
- ChatGPT ;
- TikTok ;
- WhatsApp ;
- SHEIN ;
- Threads ;
- Telegram ;
- CapCut ;
- Instagram ;
- Facebook.
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Ce classement est intéressant, car il montre plusieurs tendances fortes :
- le poids du commerce en ligne à bas prix avec Temu et SHEIN ;
- la puissance continue des réseaux sociaux avec TikTok, Instagram, Facebook et Threads ;
- l’importance des messageries avec WhatsApp et Telegram ;
- l’arrivée massive de l’intelligence artificielle avec ChatGPT ;
- le rôle des outils de création vidéo avec CapCut.
Télécharger une application ne veut pas dire l’adopter
Le téléchargement est souvent présenté comme un indicateur de succès. Pourtant, il ne suffit pas.
Une application peut être téléchargée massivement, puis supprimée très vite.
Selon plusieurs études de marché mobile, une part importante des applications est abandonnée rapidement après installation. Certaines statistiques indiquent même qu’environ un quart des applications ne sont ouvertes qu’une seule fois après installation.
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Les raisons sont nombreuses :
- l’application ne répond pas au besoin ;
- elle est trop compliquée ;
- elle demande trop de données personnelles ;
- elle envoie trop de notifications ;
- elle contient trop de publicité ;
- elle consomme trop de batterie ;
- elle prend trop de place ;
- elle déçoit dès les premières minutes.
Le vrai enjeu n’est donc pas seulement d’être téléchargé. Le vrai enjeu est d’être conservé, rouvert, utilisé et intégré dans les habitudes.
Les désinstallations sont massives
Le marché des applications repose sur un paradoxe : on télécharge beaucoup, mais on désinstalle aussi beaucoup.
Les utilisateurs suppriment régulièrement des applications pour libérer de l’espace, réduire les notifications ou simplement nettoyer leur téléphone.
Les désinstallations concernent particulièrement :
- les jeux testés rapidement ;
- les applications de shopping téléchargées pour une promotion ;
- les applications événementielles ;
- les applications de rencontre ;
- les applications de livraison ;
- les applications qui imposent une inscription trop tôt ;
- les applications qui demandent trop d’autorisations.
L’installation est donc un premier signal d’intérêt, mais ce n’est pas une preuve de fidélité.
Beaucoup d’applications sont aussi préinstallées
Il ne faut pas oublier les applications préinstallées.
Sur de nombreux smartphones, surtout Android, l’utilisateur reçoit déjà un téléphone rempli d’applications avant même d’en avoir téléchargé une seule.
Ces applications peuvent venir :
- du fabricant du téléphone ;
- de Google ;
- de l’opérateur mobile ;
- de partenaires commerciaux ;
- de services promotionnels.
Certaines peuvent être supprimées. D’autres seulement désactivées. D’autres restent présentes en permanence.
Une étude universitaire publiée sur arXiv s’est intéressée aux applications préinstallées sur Android et à leurs implications en matière de sécurité et de vie privée.
Source : https://arxiv.org/abs/2010.10088
Cela signifie que le nombre d’applications présentes sur un smartphone ne reflète pas toujours un choix volontaire de l’utilisateur.
Le smartphone concentre l’attention numérique
Le smartphone est devenu une sorte de télécommande de la vie quotidienne.
Il sert à :
- communiquer ;
- s’informer ;
- acheter ;
- vendre ;
- publier ;
- photographier ;
- filmer ;
- payer ;
- se déplacer ;
- travailler ;
- jouer ;
- apprendre ;
- créer du contenu ;
- utiliser des services administratifs ;
- consulter des réseaux sociaux ;
- interroger des intelligences artificielles.
Ce rôle central explique pourquoi les entreprises veulent toutes leur application.
Mais du point de vue de l’utilisateur, la place est limitée. L’écran d’accueil est limité. L’attention est limitée. Le temps disponible est limité.
Le vrai chiffre important n’est pas le téléchargement, mais l’usage
Dans le numérique, on confond souvent téléchargement et usage.
Pourtant, ce sont deux choses très différentes.
Une application téléchargée peut être :
- jamais ouverte ;
- ouverte une seule fois ;
- utilisée pendant deux jours ;
- conservée sans usage ;
- supprimée rapidement ;
- ou devenir une habitude quotidienne.
C’est cette dernière catégorie qui est la plus rare.
Les applications réellement installées dans la vie des utilisateurs sont peu nombreuses. Elles deviennent des réflexes : messagerie, banque, météo, GPS, réseaux sociaux, musique, vidéo, appareil photo, notes, calendrier, IA.
Le reste forme une sorte de cimetière discret d’applications oubliées.
Ce que ces chiffres disent de notre rapport au numérique
Le nombre moyen d’applications installées sur un smartphone montre une chose simple : nous vivons dans un environnement numérique saturé.
Environ 80 applications installées, mais seulement une trentaine utilisées chaque mois. Des centaines de milliards de téléchargements dans le monde, mais des suppressions massives. Des applications téléchargées par curiosité, puis abandonnées. Des services imposés par défaut. Des plateformes mondiales qui captent l’essentiel de l’attention.
Le smartphone n’est donc pas seulement un appareil rempli d’applications.
C’est un espace de concurrence permanente pour notre attention.
Et dans cet espace, télécharger ne veut pas dire adopter. Installer ne veut pas dire utiliser. Et être présent sur un téléphone ne veut pas dire être important dans la vie de son propriétaire.