Vous tombez sur cet article : les personnes qui ne publient rien sur les réseaux sociaux possèdent une qualité rare : elles seraient moins dépendantes du regard des autres et moins en quête de validation.
L'idée est séduisante. Elle flatte même ceux qui observent sans participer. Mais repose-t-elle vraiment sur quelque chose de solide ?
Publier n'est pas forcément chercher l'approbation
Le raisonnement implicite est simple :
- Ceux qui publient chercheraient l'attention ;
- Ceux qui ne publient pas seraient plus indépendants.
Pourtant, les motivations qui poussent à publier sont extrêmement variées.
- Un commerçant peut annoncer une promotion.
- Une association peut communiquer sur un événement.
- Un enseignant peut partager une ressource pédagogique.
- Un journaliste peut relayer une information.
- Un citoyen peut témoigner d'une situation locale.
Dans tous ces cas, la publication n'a pas pour objectif principal d'obtenir des compliments ou des marques d'approbation.
Elle sert avant tout à transmettre une information.
Le même raisonnement deviendrait absurde ailleurs
Si l'on suit cette logique jusqu'au bout, il faudrait alors considérer que :
- les journalistes publient pour être approuvés ;
- les chercheurs publient leurs travaux pour être validés émotionnellement ;
- les mairies communiquent pour recevoir des félicitations ;
- les associations recherchent l'approbation du public à chaque publication.
Évidemment, cela n'a pas beaucoup de sens.
Publier et rechercher l'approbation sont deux choses différentes, même si elles peuvent parfois coexister.
Ne rien publier ne révèle pas forcément une qualité particulière
À l'inverse, une personne qui ne publie jamais n'est pas nécessairement plus libre du regard des autres.
Elle peut simplement :
- ne pas être intéressée par ou être contre les réseaux sociaux ;
- manquer de temps ;
- préférer lire plutôt qu'écrire ;
- craindre les critiques ;
- être timide ;
- ne pas voir l'intérêt de publier.
- ne pas savoir le faire.
Le comportement observable est le même, mais les raisons peuvent être totalement différentes.
De plus, c'est absence de participation n'est pas incompatible avec le besoin et l'envie de consulter ce que les autres ont partagé.
Le vrai sujet n'est peut-être pas là
La question intéressante n'est sans doute pas de savoir qui publie et qui ne publie pas.
La véritable question est plutôt : Pourquoi publions-nous ?
Cherchons-nous à informer, à transmettre, à échanger, à convaincre, à divertir, à vendre, à témoigner ou à obtenir une reconnaissance ?
La réponse varie selon les personnes, les contextes et même selon les publications.
Réduire tous les utilisateurs actifs des réseaux sociaux à une simple recherche d'approbation est donc une simplification excessive de comportements humains beaucoup plus complexes.
Comme souvent en psychologie populaire, le monde réel est un peu plus nuancé que les titres accrocheurs.