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Cover Duo : La p'tite Lady de Vivien Savage avec Carmen

Sylzic
publiée le 19/08/2025
music_noteMusique

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« La P'tite Lady » (1984) — Vivien Savage

Fiche d'identité

Interprète : Vivien Savage, de son vrai nom Jérôme Pilet-Desjardins (né le 2 janvier 1955 à Boulogne-Billancourt)
Paroles : Jérôme Pilet-Desjardins
Musique : Jean-Claude Capillon
Titre complet : « La P'tite Lady ! (Un petit chat sauvage) » sur la pochette, « La P'tite Lady » sur les étiquettes du disque
Sortie : 1984, en 45 tours et en maxi 45 tours
Face B : « Animal »
Labels : Pathé Marconi EMI / Columbia
Durée : environ 3 min 40 (version longue de 5 min 50 sur le maxi)
Meilleur classement : 20ᵉ place du Top 50 français
Clip : diffusé en 1985

Contexte : un rockeur venu de l'underground

Avant d'être une silhouette du Top 50, Vivien Savage est un musicien de rock qui a écumé les groupes underground des années 70 et écrit pour d'autres — notamment pour Marie Myriam. Il signe chez EMI au début des années 80 et compose « La P'tite Lady » avec le guitariste Jean-Claude Capillon, qui en écrit la musique tandis que lui en signe le texte.

Le morceau sort en 1984 et s'inscrit dans ce qu'on appelait alors la mouvance des « stars FM », cette vague de chanteurs français que la libéralisation des radios et l'arrivée des clips ont propulsés en quelques semaines. Musicalement, le titre tient de la variété synthétique de l'époque — claviers, boîte à rythmes, production nette — mais s'en distingue par le débit du chanteur, saccadé, presque parlé par moments, et par un timbre grave et éraillé auquel on a souvent trouvé un air de famille avec Alain Bashung, alors en pleine ascension avec « Gaby oh Gaby » et « Vertige de l'amour ». C'est cette diction, plus que la mélodie, qui donne au morceau sa personnalité.

Le disque existe en 45 tours classique et en maxi, avec une version longue de près de six minutes. La pochette, où le chanteur pose devant un miroir, mèches sur le visage, petites tresses et boucle d'oreille, résume à elle seule l'esthétique du milieu des années 80.

L'anecdote : dans le tout premier Top 50

« La P'tite Lady » a bénéficié d'un hasard de calendrier remarquable. Le classement Top 50, créé en novembre 1984, devient immédiatement l'instrument de mesure du succès en France, relayé chaque semaine à la télévision. La chanson de Vivien Savage figure parmi les titres présents dès les premiers classements et y grimpe jusqu'à la vingtième place — ce qui a durablement associé le morceau à la naissance même du hit-parade français moderne.

La suite fut plus rude. Les singles publiés ensuite — « C'est qu'le vent » en 1985, puis d'autres — ne retrouvent jamais le chemin des classements, malgré un album, Ben-Hur, Vénus et les Pirates (1987), enregistré avec des musiciens de premier plan comme Jean-Jacques Milteau ou Éric Serra, et un duo avec Alain Souchon. Vivien Savage restera dans les mémoires comme l'archétype du chanteur d'un seul tube, ce qui ne l'a pas empêché de mener d'autres vies : acteur aux côtés d'Alain Delon dans Ne réveillez pas un flic qui dort en 1988, expatrié en Asie pendant des années, puis romancier installé en Dordogne à partir des années 2010.

De quoi parle la chanson ?

C'est une scène de gare, et plus précisément un quai de Saint-Lazare. Le narrateur observe une jeune femme qui attend, et la chanson tient tout entière dans ce moment suspendu où l'on hésite à aborder quelqu'un : il la regarde, s'interroge sur ce qu'elle attend et sur qui elle est, se demande s'il faut y aller. Le décor n'est pas décoratif — la gare, ses foules, ses départs et ses gens qui patientent, c'est exactement le lieu du possible et du raté, celui où une rencontre peut se faire ou ne jamais avoir lieu. Vivien Savage a expliqué s'être inspiré des filles qu'il croisait à Saint-Lazare.

Ce qui attire le narrateur, ce n'est pas la beauté conventionnelle mais une parenté : il repère chez elle une sauvagerie, quelque chose d'indompté dans le regard, qu'il reconnaît comme sien. L'image centrale du texte — celle du petit chat sauvage niché dans les yeux de la jeune femme, qui répond à une marque gravée dans le cœur du narrateur — dit exactement cela : ils sont de la même espèce, et c'est pour ça qu'il la remarque. Le sous-titre du disque, « Un petit chat sauvage », en fait d'ailleurs la véritable clé du morceau.

Le ton est celui d'un dragueur qui n'ose pas tout à fait, mélange de gouaille et de timidité. La chanson accumule les images et les formules comme un homme qui parle trop vite parce qu'il est intimidé, et le résultat oscille en permanence entre la mélancolie et l'euphorie — cette ambivalence est probablement ce qui explique que le morceau ait si bien vieilli auprès de ceux qui l'ont entendu enfants. Il n'y a pas d'histoire, pas de fin, pas de conclusion : juste un type sur un quai, une inconnue, et l'idée que quelque chose aurait pu se passer.

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